• Claude Cahun

    17 mai 2009

  • Sarah Lucas

    17 mai 2009

  • Francesca Woodman

    17 mai 2009

  • Patti Smith

    17 mai 2009

  • Kim Gordon

    16 mai 2009

  • Dorine

    26 avril 2009

    Je tournais autour du livre d'André Gorz, Lettre à D., depuis que je l'avais vu il y a presque trois ans en vitrine à la librairie Compagnie, rue des Écoles. Et puis il y avait eu cette critique du Monde où l'extrait qui avait été choisi m'était resté en tête, comme un air qui s'imprime automatiquement dans l'esprit : « Tu vas avoir quatre-vingt-deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t'aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien. »

     

    André Gorz, de son vrai nom Gerhard Hirsch, est né à Vienne le 9 février 1923. Auteur d'une pensée qui oscille entre philosophie, théorie politique et critique sociale, disciple de l'existentialisme de Jean-Paul Sartre, il rompt avec celui-ci après 1968, et devient l'un des principaux théoriciens de l'écologie politique. Il est co-fondateur, en 1964 du Nouvel Observateur, sous le pseudonyme de Michel Bosquet, avec Jean Daniel.

     

    Un jour, André Gorz apprend que sa femme est atteinte d'une maladie incurable. Ils achètent une maison à la campagne. Il travaillera à ses livres, elle luttera contre la maladie. Puis, il écrit son dernier livre, cette bouleversante lettre à Dorine écrite au bord des larmes. Je ne crois pas aux contes de fées, je ne sais même si une telle histoire peut encore se vivre aujourd'hui. Mais quand il écrit sa Lettre à D., André Gorz n'a plus rien à perdre. Il sait qu'il ne lui survivra pas, il sait qu'il choisira de donner la mort à sa femme puis à lui-même. Les mots qu'il emprunte pour le dire sont d'une précision et d'une profondeur évidemment capitales. Les yeux me brûlent quand je relis pour la centième fois ceux-ci, des mots qui remontent du fond des âges et qui résonnent encore si fort : « Il suffisait que je consente à vivre ce que je vivais, à aimer plus que tout ton regard, ta voix, ton odeur, tes doigts fuselés, ta façon d'habiter ton corps pour que tout l'avenir s'offre à nous. »

  • Quatre saisons au bois

    05 avril 2009

    De la chaleur écrasante de l'été nous étions passés à l'automne. « Un enchantement se produit chaque année dès les derniers jours du mois d'août qui s'accompagne d'un déplacement de tout mon être vers un espace où il s'intensifie, où il scintille et se consume comme sous les feux d'un projecteur. Cet espace auquel j'accède est l'espace de l'automne. Une résurrection », résumait si bien Éric Reinhardt dans son beau livre, Cendrillon. Puis en février, les oies se sont serrées les unes contre les autres au coeur du lac gelé, vision ton sur ton au milieu du bois. Les rares marcheurs emmenaient leurs chiens et la municipalité avait tiré des rubans rouges autour du lac. Longs mois froids pendant lesquels le corps se tasse, les muscles se serrent. Puis ce matin, miracle d'avril, vision tellement aimée, nouvelles taches de lumières au sol entre les feuilles nouvelles et ce parfum entêtant des pollens mêlés.  

  • 4:23

    01 avril 2009

    Tu te fraies un chemin, je passe derrière, tu tiens nonchalamment une bouteille de vodka que tu portes à ta bouche comme une Vittel, j'aime cette course poursuite parmi les corps qui nous frôlent, nous pénétrons au cœur, « Tu viens ? », et comment.