• Nikka

    02 avril 2014

    Le sceptre des rivages roses
    Stagnants sur les soirs d'or, ce l'est,
    Ce blanc vol fermé que tu poses
    Contre le feu d'un bracelet.


    Extrait d’Eventail de Mademoiselle Mallarmé


    J’ai voulu travailler sur autre chose entre temps pour me reposer, un roman de phrases tissées de toi et qui s’inspirerait de livres d’amour, peut-être Fou de Vincent. Composer un livre de fétichismes sur les objets que tu laisses, des accessoires qui te suivent – te prolongent. En les énumérant je retrouve quelque peu le plaisir de leur vision lorsque, entourée de toi, j’observe ce que tu poses. L’idée me vient qu’il s’agit d'une armure qui envelopperait, comme toujours, une sauvagerie lointaine.  

    Dans Fou de Vincent, le jeune Vincent meurt au début du roman des suites d’un accident bête. Alors Guibert remonte le temps. Il revient aux premiers mots de son amant, à la brutalité noire de son désir. Rapidement l’écrivain se met en scène honteux de sa dépendance, confus d’éprouver une telle admiration pour un être aussi jeune et volatil. Il s’humilie à l’attendre, se rasant, se douchant, se changeant trois fois avant de le retrouver. Epuisé d’amour, le narrateur se débat dans les eaux puantes du désespoir, s’y complaisant relativement peu, conscient de sa condition pathétique. Parfois Guibert avoue écrire alors qu’il est ivre, des notes de fin de nuit qu’il ne cherche pas à arranger (en apparence). Le livre paraît en 1989, Guibert meurt en 1991. Les paragraphes sont courts et vifs. Le rythme est parfait.  

    Sous les pieds de Vincent il y a des cloques, des taches sombres apparaissent sur son torse. Il dit qu’il veut mourir, que s’il apprenait qu’il avait le SIDA il se tuerait. Il envoie promener Guibert après lui avoir donné son petit cul d’allumeuse. Que reste-t-il de la vie après la jouissance ? Il y a une forme d’ironie légère dans les yeux amoureux du narrateur, ceux qui observent la dégénérescence de l’homme aimé. A la vue de cette agonie qui lui renvoie la sienne se mêlent le danger et le plaisir morbide d’avoir accès à l’intimité la plus immense : quand la jouissance et la mort se frôlent.  

    Et alors je me demande : construirais-je ce livre par ordre alphabétique ? Ou d’apparition ? Par une reconstitution historique ? Ou alors en hiérarchisant ces objets par degré d’attachement ?  

    Je pense par exemple au déclic qui déchire l’horizon-temps de la nuit, celui qui annonce le début de la soirée, la fin d’une journée de travail. C’est un briquet à essence doré, gravé de fines cannelures, que tu tiens au creux de la main. Plaisir de la lourdeur du métal, de sa densité, de la claque du clapet suivie de la résistance des pierres frottées. Ce bruit de sable lorsque tu frottes ton pouce sur la molette verticale. La flamme se dresse, un peu longue et étroite, sur la cendre qui crépite.  

    Je retrouve une autre satisfaction musicale lorsque tu décroches ta montre, avec ce bracelet en métal dont les petites pièces s’enroulent gracieusement, s’égrainant comme les perles d’un collier cassé.  

    Il y a les gants bleus, pour conduire, avec leur bouton sur le dos de la main. Ta manière de tirer sur la base, sèchement, pour y enfoncer les doigts avant de les écarter pour assouplir le cuir.  

    Tes petites lunettes en écaille que tu déposes sur la table en pliant les branches, sur le dos, avec une délicatesse d’entomologiste.  

    Parfois le bouchon d’une bouteille de Nikka glisse sur lui-même comme une toupie et atterrit dans ta main. Quand tu inspires, une brûlure de feu et de miel irradie ton visage.

    Photos d’Hervé Guibert prises entre 1980 et 1989. La photo en haut à droite est la table de travail de Guibert à la Villa Médicis.
  • Cette sauvage mélancolie propre à la chair

    21 mars 2014

    Le jigai est une forme de suicide réservée uniquement aux femmes. C'est de cette manière que choisit de mourir Madame Butterfly, quand la honte et le chagrin d’avoir été abandonnée par son mari américain la poussent au coup fatal. Petit poignard caché dans l'obi, un coup dans la carotide. Fin du troisième acte.    

    Au cours de recherches hasardeuses sur l’internet je tombe sur les différentes pratiques du suicide (dans un but purement documentaire, on ne s’affole pas), le plus connu étant hara-kiri ou comme on dit au Japon, le seppuku. Le suicide japonais est, comme toutes les activités pratiquées sur ce territoire, d’un grand raffinement. Le hara-kiri comporte une version encore plus douloureuse, le jumonji-giri, qui consiste à ajouter une coupe verticale à la coupe horizontale. Il existe aussi un suicide de groupe de personnes ou d’un couple lié par l’amour, le shinjū. Au Japon, ce rituel est officiellement interdit depuis 1868.  

    En 1970, l’écrivain Yukio Mishima achève sa tétralogie La Mer de la fertilité. Il estime probablement que sa vie d’écrivain est terminée. Homosexuel dans ses livres mais pas dans sa vie (il se mariera et aura deux enfants), il met soigneusement en scène son sappuku qu’il aura préparé pendant un an. A cette époque Mishima est amoureux de son jeune amant Morita qui se donnera également la mort en même temps que lui.

    Dans Confession d’un masque, son premier roman, Mishima témoigne longuement de ses premiers émois sexuels devant les livres d’images de jeunes soldats frappés au coeur et s’écroulant par terre. Comme beaucoup de garcons homosexuels, il ressent une émotion extraordinaire devant les représentations du martyr de Saint Sébastien. Les pages consacrées à son jeune désir le montrent transi devant des hommes musclés mais bêtes, l’intellect nuisant même à son désir, préférant “cette sauvage mélancolie propre à la chair”. Complexé par son corps chétif, il deviendra au fil du temps un athlète, expert de kendo. Dans ses pensées Mishima était “l’un de ces sauvages ravisseurs qui, ne sachant comment exprimer leur amour, tuent par erreur la personne qu’ils aiment.” Mais Mishima va plus loin dans son association entre la mort et la jouissance et ressent “un étrange plaisir à la pensée de (sa) propre mort”. Quand les raids aériens traversent le ciel du Japon en 1944, il en avait “une peur extraordinaire et pourtant (il) attendai(t) en même temps la mort avec une sorte d’impatience, avec une espérance pleine de douceur."    

    Cette association eros/thanatos devient encore plus évidente lorsque la pensée de la mort des membres de sa famille lui donne la nausée : “L’idée que la Mort réduirait une famille à une telle extrémité, qu’une mère, un père, des fils et des filles seraient surprise par la Mort et partageraient en commun la sensation de mourir, l’évocation des regards qu’ils échangeraient – tout cela ne me semblait être qu’une obsène parodie des scènes de parfait bonheur familial et d’harmonie.” Il me semble évident que dans ce passage, l’horreur que lui inspire cette idée lui est aussi répugnante (les mots “nausée”, “obsène”) que l’inceste.  

    Encore une fois “la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule par consequent réellement vécue” prend sens dans la folie absolue. Yourcenar dans Mishima ou la vision du vide a écrit sur le suicide de Mishima en considérant son suicide comme son “oeuvre ultime”. Du plus loin du travail de compréhension de sa sexualité qui passe par une “confession” à la manière de Saint-Augustin ou de Rousseau, Mishima décortique avec la sincérité la plus dangereuse l’origine de sa passion troublée où se mêlent la force, la mort, les représentations militaires, le corps athlétique et le sexe. Dès lors on peut se demander si Mishima ne commence pas à préparer, vingt-et-un an avant, sa mort héroïque. Et que son suicide fut organisé avec la même rigueur que son écriture. En lisant Confession d’un masque à la lumière de son suicide, l’oeuvre prend un sens effrayant.

    Ecrit-on de la même manière que l’on vit ? Et dans le cas de Mishima, que l’on meurt ?
  • Une robe

    17 février 2014

    Ça fait longtemps que je cherche, chez les artistes, les femmes écrivain, et dans les bars aussi, à me constituer une mythologie de figures féminines auxquelles m’identifier/me raccrocher. J'espère ainsi me fabriquer une forme de féminité virile où j’assumerais tous les rôles. Je rêve de mettre une robe constituée de tels ou tels morceaux empruntés chez l’une ou chez l’autre, libre de me travestir ainsi, loin du mythe immémorial de la jeune fille.  

    J’ai réfléchi à celles dont je suis le travail depuis longtemps : Courtney, PJ, Scout, Kim Gordon, Kathleen Hanna, Tobi Vail. En dressant la liste je réalise qu’il y a un grand nombre de Riot Grrrls, pas mal de filles de mon quotidien, les Pussy Riot (« Become a feminist! Become a feminist! ) et peut-être aussi Cat Power mais seulement pour son album What Would the Community Think et globalement, assez peu de Françaises.  

    Certaines ont résolu l’affaire en étant lesbiennes (Despentes, Claude Cahun, Sagan, Abby Wambach). D’autres sont des hétéros mères de famille plutôt viriles (Patti Smith, Gordon, Lee Miller, Tilda Swinton) ou des femmes féminines hétéros sensibles (Annie Ernaux, M.I.A., Tracy Emin, Maïenn, Valérie Donzelli), des exploratrices (Earhart, David-Néel) ou des révolutionnaires (Ulrike Meinhof, Pussy Riot). D’autres sont folles/dépressives/névrosées
    /suicidaires (Sylvia Plath, Virginia Woolf, Francesca Woodman). Il y a les punks et les ex-punks (Linder, Vallie Export, Ulli Lust), les poètes militantes (Galás), les intellectuelles supra brillantes (Arendt, Chollet, Guilbert, Adler), les amoureuses malheureuses (Niblett, Dora Maar), les artistes puissantes et solaires, sans enfant (Abramovic, Calle) ou jolie et fragile en apparence (Miranda July) et des dizaines d’autres parmi lesquelles se trouvent Colette, Sagan, Louise Bourgeois, Isadora Duncan, Beauvoir, Martha Graham, Zelda Fitzgerald, Marie Uguay, Wendy Delorme, Patti Smith, Kathy Acker, Jeanne Balibar, Liz Phair, Lena Dunham and so on.  

    Et donc hier soir en composant mentalement ce post je te demande si tu es féministe bien que je me doute de ta réponse.  

    Je te regarde conduire d’une seule main, la gauche, toujours la gauche, cette main gantée, doigts ouverts sur le volant. Le cuir crisse imperceptiblement lorsque tu donnes un coup pour tourner, nous glissons dans Paris. Je réalise que tu ne t’es probablement jamais vraiment posé ces questions. Ta décontraction n’est pas feinte. Être une femme n’a jamais été un sujet pour toi. Tu prends la vie. Tu veux, tu prends. Parce que tu n’as jamais été entravée ou inquiétée par ton corps, tu incarnes une figure beaucoup plus féministe que moi. Pour toi la vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, ce n’est PAS la littérature. Tu agis là où je parle et je bute et j’écris depuis des années ; tu n’as même pas besoin d’être féministe puisque ce serait comme une forme de contradiction. Tu portes naturellement cette robe que je convoite, là où se mêlent si librement le désir et la retenue.


    Photo :
    Jana Sterbak, I Want You to Feel the Way I Do... (The Dress), 1984-1985, National Gallery of Canada, Ottawa. Photo © NGC
  • Le système et sa marge

    05 février 2014

    Dans le roman graphique Trop n’est pas assez, l’auteure, Ulli Lust, retrace une séquence punk de son adolescence autrichienne où elle a arpenté une partie de l’Europe à pieds, affrontant les dangers (dans l'ordre : la nuit, la mendicité, la peur, le viol et la faim). Arrivée dans le sud de l’Italie elle remarque que les Italiens sont habillés de haillons, exactement comme elle, petite fille gâtée de l’Europe du Nord qui a choisi de déchirer ses jeans pour vivre en marge du système. C’est une révélation ; pour elle le punk est un privilège bourgeois, exactement le contraire de ce qu’il semble dénoncer.  

    On ne peut vivre en marge d’un système que si l’on est totalement intégré au système. On ne peut désirer le propre que pour mieux le salir. On ne peut désirer la salissure que lorsqu’on est parfaitement lavé, ou lorsqu’on sait qu’on peut le faire. Désirer sortir du système, ou être obligé de le faire parce que le corps dicte autre chose que ce qui est normé, est difficilement envisageable lorsque l’intégrité est menacée.  

    Adolescente j’étais persuadée de me connaître dans les moindres recoins de ma personnalité ; mais le fait de vieillir, qui ne m’a jamais effrayée, me jette vers mon désir. Si je m’y refuse, je sombre. Je n’ai pas le choix de l’admettre. Il me faut des fenêtres qui me permettent de mener ces doubles vies intérieures. On ne choisit pas ces choses-là.  

    Plus les jours passent, cautionnant ainsi mon existence française entamée il y a dix ans, et accumulant les preuves de mon intégration (le simple fait de récupérer passeport et carte d’identités françaises devient un événement), me convie à cette certitude : il y a un caractère vital dans la naturalisation. Comme si le fait d’avoir une assise, et de sortir de la peur permanente (ne pas pouvoir travailler, ne pas pouvoir rester sur le territoire, ne pas pouvoir poursuivre ce projet né in petto à l’adolescence, justement : vivre loin, s’échapper) me permettait enfin une appropriation de mon vrai désir, celui qui, comme souvent dans le désir, n’entre pas dans celui de l’ordre. Les chemins dévient ; on vit de biais, on vit dans la marge, on vit parfois dans la peur ou la gêne, mais il n’y a plus de menace. La naturalisation permet d’être libre.
  • The Tree of Life

    23 janvier 2014

    C’est de l’hôpital que je t’écris. J’attends que l’on m’ouvre et m’ausculte à nouveau.  

    Rien de grave.  

    La nuit est lente et longue et chaude. La fièvre a mouillé les draps, l’aiguille dans mon bras me relie à un fruit qui goutte inlassablement, au rythme du cœur.  

    Tu avais apporté des fleurs, une tarte aux prunes, un sac rempli de mes petites affaires, rassurantes, des vêtements de ville qui me rendraient ma dignité.  

    Puis tu as disparu.
    Un éclair – et puis la nuit.  

    Le néon de l’hôpital me garde constamment en alerte, loin de la douceur de la pénombre, pourtant si rassurante, qui me permettrait de me vautrer dans la sensualité de la douleur. Ici, point d’Eloge de l’ombre, les formes sont métalliques et froides, et l’éclairage, m’expliques-tu, est pensé pour débusquer les veines les plus fines.      

    Des humains suffrages,
    Des communs élans
    Là tu te dégages
    Et voles selon.


    Tu as regardé les falaises, longtemps. J’étais derrière toi avec mon appareil. J’ai essayé de retrouver ce poème, il m’est revenu immédiatement et a déroulé son ruban, celui de la mer avec le soleil. Tu ne sais pas que je devinais tes pensées. Je me raccroche à ces images quand on me saigne, me pique, me cisaille ; l’ombre ronde m’enveloppe et me rappelle à quel point la vie est violente dans ses contrastes les plus irréconciliables.  

    Pour M.
  • Like A Prayer

    28 décembre 2013

    Le 25 décembre 2011, à la gare de Taiyuan, au nord de la Chine, un voyageur meurt dans l’anonymat le plus total. Cloué à son banc depuis un temps indéfini, il est seul. Stupeur d’un des usagers qui fait la funèbre découverte, croyant que l’homme s’était endormi. Un moine s’approche alors du défunt, prend sa main et prie. Devant la foule interdite, des photographes immortalisent la scène. Ici les médecins auraient été inutiles ; c’est la dignité d’une vie qu’il s’agissait de sauver.  

    Il y a ce sourire intérieur que l’on ne peut pas arracher aux croyants. Il y a ces moments de désarroi si intenses que seule la pensée de dieu, d’un dieu, d’une idée d’une force plus grande, plus organisée, plus enveloppante, pourrait parvenir à apporter un peu de consolation. C’est un sujet subversif, d’une intimité extrême ; on n’a pas le droit d’en parler. Il y a ce secret que quelques personnes connaissent, cette présence qui rassure, cette gestuelle apaisée. Il y a cette sensation d'entrer en clandestinité, dans une chaleur si irradiante qu’elle illumine le visage ; on vous voit, on vous donne. On parle de l’amour des fidèles pour un ou des dieux, cet amour que je ne connais pas, ou plus ; mais j’ai vu la plénitude dans les yeux de ceux qui croient, et je les envie.
  • Descente

    17 décembre 2013

    Vue hier soir en marchant dans un quartier chic, dans l’antre clair-obscur de la porte, les lampadaires n’éclairant que cette scène, une femme à la sortie d’un grand restaurant, soutenue par quatre serveurs, les yeux révulsés, bouche ouverte, jambes ouvertes, abandonnée dans la vie, la mort, et comme recréant, par un mystère effroyable et insoutenable, une forme archi-moderne de Descente de croix.
  • Cinéma

    16 décembre 2013

    Ce matin les choses avaient changé, j’ai descendu la rue de Belleville et la lumière était presque bleue comme elle peut l’être l’hiver dans le pays d’avant. J’ai écouté « The Last Song » de Trisomie 21 comme quand je suis heureuse, la new wave française c’est quelque chose. Parfois quand on accorde bien la musique dans ses oreilles avec ce qui se passe à l’extérieur, on a l’impression de vivre un vrai moment de cinéma. Comme si le rythme s’accordait parfaitement aux visages rencontrés, à la vitesse des paysages. Souvent – dans mon cas – elle l’assombrit, ou lui donne une profondeur qui n’existe pas puisque j’aime la musique triste. Ce matin j’ai pensé : un petit cycle s’est terminé. Je suis devenue Française, c’est arrivé au bout de longues années, un long travestissement. J’avais jeté la dernière boîte de Seroplex 5 mg et je n’aime plus autant qu’avant me réchauffer sur le radiateur plutôt que sur un être humain. Puis j’ai pensé aux images que je ne peux m’empêcher de me passer en boucle, les gens qui dansent sur « The Last Song » avec leurs coiffures et leurs habits colorés. Cette manière de vouloir se libérer tout en cherchant le regard et les bras, puis en fermant les yeux pour se recueillir, transe occidentale de la danse, et cette manière si touchante et maladroite de se servir de son corps, sans le maîtriser, en exhibant une sensualité inexistante, ou qui vient de naître, celle qui cherche si fort à en rencontrer une autre. J'ai pensé : j'ai survécu. 

    http://www.youtube.com/watch?v=A3ZVZVMIG7g