• Miaou

    05 décembre 2010

    Has the building reached an age of respectability, putting it on preservationists’ radar, along with other iconic buildings of the modernist era (cf I.M Pei’s NYU buildings threatened by NYU’s expansion recently) ? Aren’t these works undertaken at the very moment where its lack of functionality is completely overwhelmed by its stature/iconicity and its place in the history of Architecture, making it virtually indestructible ?
  • Lettre ouverte à Larry Clark

    03 décembre 2010

    Pour F.L.,
    fidèle lecteur



    On ne devient pas journaliste par hasard. On n’écrit pas sur l’art par accident ou par chance. C’est la voie difficile. C’est la forêt obscure. C’est égoïste. C’est épuisant. Il y a peu d’amateurs et peu de lecteurs. On est vite détesté. On est vite aimé. Donner son opinion sur les choses, c’est risquer le frisson de la révélation. Il n’y a aucune garantie au bon goût, aux bonnes choses. L’art échappe aux lois morales. Il n’y a rien de plus intime que de défendre ardemment une oeuvre. Porter à la lumière ceux que l’on estime, et oublier les autres. Transmettre avec élégance ou au contraire, en déformant son écriture. Trier à l’instinct, aimer viscéralement, puis cérébralement. Entrer dans un lieu dit « d’art », être happé par quelque chose, avoir envie que personne ne sache, ou tout le monde à la fois. Parfois rédiger un article est aussi personnel que de faire de la fiction. Pourquoi continuer à le faire. Je ne sais pas.   

    Il y a des artistes qui font des choses grandioses et qui n’ont rien à dire. Il y a des artistes à l’oeuvre plate qui ont un discours extrêmement construit. Il y a des gens comme toi que j’aime mais que je n’ai jamais rencontré. Il y a des artistes qui rendent l’humanité meilleure et plus proche. Il y a des artistes qui rendent les corps plus humains et l’âme superbe dans sa fragilité morbide. Il y a des expositions qui font battre le coeur plus fort.  

    Larry Clark je me trouve devant toi, ce n’est pas vraiment toi en chair, je ne vois pas tes yeux je n’entends pas ta voix, ce que je veux dire c’est que je me retrouve devant des morceaux de toi, tes meilleures photos prises au fil des ans avec ces gens, tous ces gens que tu as photographiés et que tu as donc aimés aussi, ça fait quoi, quarante ans déjà depuis, peut-être plus, on te voit dans un film en noir et blanc à vingt ans aussi beau que James Dean te piquer avec des trucs louches, ce n’est pas de l’héroïne il paraît.  

    J’ai devant les yeux une liste des trucs que tu as pris dans ta vie. À l’âge de 58 ans tu entres en clinique de désintox, tu mens, tu as pris beaucoup plus que les quantités que tu indiques. La liste est longue et étrange comme un poème dada.  

    Alcohol, as much as I could, everyday. When did you start using it ? 15 years old. When did you stop using it ? 11/21/90.
    Bien sûr.
    Amphetamine 150 mg or more, 3 times a week, 16 years old, 33 years ago.
    LSD, a hit, 20 times, 1966, 1970.
    Heroin, not much, 300 times, 1967, 1980.  

    Il y a cette caméra que tu glisses sur les corps. Tu n’as pas peur du corps. Tu n’as jamais eu peur de la jeunesse même quand tu n’as plus été jeune. Tu n’as jamais été jaloux non plus de cette énergie qui ne s’est jamais tarie chez toi. Larry Clark. La peau et les photos et les lumières et les fluides et la salive et la jeunesse qui transpire à même le papier magique où s’imprègnent les noirs et les blancs. On entend les langues qui claquent et le choc des corps qui se cherchent. Je ne parle pas de Kids je parle de Tulsa, je parle de Teenage Lust. Je parle de ce garçon qui se suicide mille fois pour rigoler. Je parle de Jonathan Velasquez qui se déhanche comme une chienne. Je parle de ces sexes et je parle de ces bouches, je parle de ces amours et je parle de ces mots échangés que l’on entend quand on approche l’oreille des tirages.  

    Demerol, a shot, 200 times, 60’s, 80’s.
    Qualudes, a lot, 50 times, 60’s, 80’s.
    Cocaine, a lot, hundreds, 60’s, 90’s. 

    Pourquoi on se dope pourquoi on fait du sexe avec les gens.  

    Crack, a lot, once, 1990.
    Opium, a lot, 100 times, 1966, 1982.
    THC, a hit, 10 times, 1968, 1969. 

    Pourquoi le skateboard. Pourquoi les rites de passage.  

    Peyotl, few buttons, 5 times, 1965, 1968.
    Mescalin, a hit, 10 times, 1967, 1969.
    Amilnitrate, 1 popper, 10 times, 1962, 1964. 

    Pourquoi on fait scandale. Pourquoi on passe sa vie à écrire des papiers sur les choses. Pourquoi on choisit plutôt de photographier les gens. Pourquoi on fait de l’art. Pourquoi il y a ceux qui créent et ceux qui écrivent.  Je ne sais pas, Larry. Mais je ne doute pas.  

    Larry Clark
    Kiss The Past Hello
    Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
    11 avenue du Président Wilson
    75116 Paris
    Jusqu’au 2 janvier 2011 


    Article paru dans
    Paulette Magazine
    Photo Larry Clark, Untitled, 1968 - Courtesy of the artist, Luhring Augustine, New York and Simon Lee Gallery, London
  • Je m'ennuie déjà

    02 décembre 2010

    Chère Sophie Calle,

    Vous n’avez presque pas fait de publicité pour cette exposition. J’en ai pris connaissance dans un petit encadré des pages Culture du Monde il y a environ deux semaines. Je dis à mon fiancé : tu sais que Sophie Calle expose en ce moment ? Mais il repartait à New York le lendemain, j’allais donc visiter cette exposition avec l’amertume des amants séparés.
     
    Il y a eu peu de critiques sur "Rachel, Monique". Discrétion presque absolue de la presse. Pourquoi ? Pudeur ? Désintéressement des rédactions ? L’exposition nécessitant une réservation préalable, vous avez choisi d’y convier les visiteurs heure par heure, d’une manière très organisée ; pas plus de 30 personnes à la fois ne peuvent y accéder (la direction assure qu’il s’agit seulement de contraintes liées à "des raisons de sécurité"). Est-ce vraiment un hasard si cet hommage déguisé prend place au sous-sol du Palais de Tokyo, dans cet espace en friche, souterrain, à la fois inquiétant et froid, qui promet d’être réaménagé pour 2012 ? On se retrouve donc sous la terre avec Monique, là où règne un silence d’église, ponctué ici et là par la musique de Mozart, derniers morceaux écoutés.
     
    Seize pièces donnent un aperçu post mortem de la personnalité de votre mère dont la vie, dites-vous en préambule, apparaissait peu dans votre travail ; d'ailleurs, "ça l’agaçait". Je me rappelle seulement qu’en 1981, dans  La Filature, c’est elle qui vous avait fait suivre par Duluc détectives ; et que beaucoup plus tard, à Venise, lorsque vous représentez la France avec "Prenez soin de vous", elle signe une des plus belles lettres de ce choryphée de femmes en écrivant : "On quitte, on est quitté, c’est le jeu, et pour toi cette rupture pourrait devenir le terreau d’une manifestation artistique, non ?" Vous lui dédiez le livre d’artiste édité à cette occasion. Monique est donc bien là ; elle traverse votre parcours en ombre bienveillante et complice.

    L’exposition se visite d’une manière relativement chaotique ; vous photographiez votre mère dans son cercueil avec les objets qu’elle aimait, une vache en peluche parce qu’elle les collectionnait, des photos de ses maris et de ses amants et d’elle-même, des bonbons acidulés, des cigarettes, un livre sur Spinoza qu’elle avait entamé le mois d’avant, quelques disques, toutes ces rares consolations que peuvent offrir la vie. Et parce que vos oeuvres forment au fil des ans le plus merveilleux portrait en creux de vous-même, on se demande si ce n’est pas aussi de votre propre mort dont vous parlez, en en scrutant les potentiels contours. Au milieu de la pièce, les stèles froides de "Mother" regardent en face le trajet photographique et littéraire de votre pélerinage à Lourdes que vous réalisez suite aux conseils d’une cartomancière.
     
    Dans cette immense salle décharnée de ses murs et de ses plafonds, des fils pendouillent, l’écho de nos pas résonne ; une jeune fille pleure – pas moi mais une autre. Des tableaux brodés, éclairés et peints du mot "souci" sont disposés çà et là, le dernier mot qu’elle aura prononcé. Un bouquet de soucis orne ce qui sert presque d’autel à un "Cancer du sein" devenu poétique. Une tête de giraffe accrochée au fond de la salle regarde l’ensemble de haut, vous l’avez achetée pour votre atelier, vous dites qu’elle vous regarde tristement depuis. 
     
    Et si certaines personnes dispersent des cendres au-dessus de la Seine, vous avez choisi de faire les choses autrement : "J’ai enterré les bijoux et le portrait de ma mère sur le rivage du glacier du Nord. On a eu de la chance. Quelques mètres plus au sud et ils échouaient sur le glacier de la Famine. Ma mère avait toujours projeté d’aller un jour au pôle Nord. Elle est morte il y a deux ans sans accomplir ce rêve. Pour le garder intact peut-être. Invitée à naviguer dans l’Arctique, j’ai accepté pour elle. Pour l’emmener. Dans ma valise: son portrait, son collier Chanel et son diamant." Des photos de glaciers accompagnent ce périple. Vous suivez ici le plus magnifique de ses conseils : faire de la douleur le terreau d’une manifestation artistique. Enfin, sur sa pierre tombale, elle a choisi préalablement d’y mettre un portrait d’elle-même où elle grimace, avec cette épitaphe d’un humour absolu qui nous ferait presque sourire : "Je m’ennuie déjà".
     
    Quand je quitte le Palais de Tokyo, novembre nous enveloppe dans sa nuit froide ; nous sommes déjà passés à l’heure d’hiver, et je me demande encore si ce choix stratégique de dates est vraiment un hasard.  


    Article paru dans Paulette Magazine
    Photo : Sophie Calle © Adagp, Paris 2010, Photo : André Morin, Courtesy Galerie Perrotin, Paris

  • La saison

    30 novembre 2010

    Ma vie est indissociable de l’écriture. Il n’y a pas d’avant il n’y a pas d’après. C’est tellement beau quand tu dérapes, et ce geste du bras de la main, et ces yeux. Heureusement la littérature est là quand tu n’es pas là. Alors j’écris. J’écris en journalisme. En français dans une langue apprise. Traduire les mots du français vers le français. Vivre en français dans un pays de langue maternelle. J’ai relu des poèmes. Je suis retournée au début, quand j’ai compris qu’il n’y aurait pas d’autre salut que de vivre en littérature, et que c’était à Paris qu’il fallait m’installer pour toujours. En vue des villes et d’une terre qui te soient natales, je n’ai jamais voyagé vers un autre pays que toi mon pays. J’ai encadré le paragraphe. J’ai le livre de Miron depuis 1999 je crois. Il y a la marche à l’amour et il y a aussi Je t’écris. Je t’écris pour te dire que je t’aime. Que je t’attends dans la saison de nous deux. J’avais noté tout ce que je voulais dire sur des
    post-its que j’ai perdus. Je suis souvent gênée dans ma langue maternelle. C’est inavouable de dire que c’est une forme de traduction. Ça l’est. Parler français et parler en français. Souvent je me demande si ce que je dis est compréhensible ou exact, si je ne fais pas des fautes. Parfois je sais comment les mots s’écrivent ou se disent, mais je doute, alors j’accorde autrement. Parfois j'ai peur que tu ne te souviennes plus de moi. Je me demande souvent si les phrases que je prononce ne sont pas calquées sur une rythmique anglaise ou française du XVIe siècle. On dit la patrie et on dit la langue maternelle. Être confuse dans sa langue c’est ne pas savoir ce qu’est sa patrie ni sa langue maternelle. C’est être loin. C’est un travail de construction. C’est une longue marche à l’amour. C’est avoir des yeux étrangers. C’est être l’outsider. J’apprends tous les jours des manières de dire les choses. À Paris on ne pardonne pas. La ville est froide et je marche sans filet. J’avance en poésie comme un cheval de trait ; la métaphore est rurale mais le poème s’appelle « Paris ».


    Photo Harry Bloom
  • 1974-2010

    12 août 2010

    Bonne nuit, Mathieu Berenholc.
  • Misery Is A Butterfly

    21 juillet 2010

    Souvent je pense aux auteurs que j’aime, dix ans d’amour fou, que font-ils en juillet dans le four des villes ou les matins d’orient, les maisons de campagnes, la solitude des forêts ? Déjeuners du dimanche ? Marchés ? Apéros ? Y a-t-il une meilleure saison pour écrire ? Rien de moins logique, de plus étrange et inutile que cette activité, entrecoupée de mails et de téléphones et d’impératifs, « Où en est-on de l’article sur… », « Tu as fait l’interview de… ? ». Il y avait, et il y a toujours, bien sûr, quelque chose du côté de l’ombre, dans ce vrai moment du faux, ce réel réellement inversé. Peut-être qu’être punk se résumerait aujourd’hui à n’avoir pas d’adresse mail ou de téléphone portable, à résister à l’attrait d’être joignable ? Je croyais qu’il n’y avait que les femmes pour me faire écrire mais en fait il y a aussi NYC et ce même mouvement de toi, Metropolitan Avenue Lorimer Street Grand Street Borinquen Plaza Union Avenue, BQE trajet de nuit, ciels blancs ciels bleus autoroutes et graffitis perchés haut sur les toits, « Street Art is Dead », « Read !!» et le parfait « Fuck Humans », élevages de pigeons, cacophonie parfaite des klaxons et des cris. Williamsburg à un pont des quartiers chic où nous n’habiterons jamais, débauche d'argent et de luxe et de n’importe quoi, Columbia University à cinq minutes d’Harlem, enfants jouant dans les fontaines. Hudson River, Riverside Drive, parcs immenses et dessinés, nez en l’air dans cette forêt de buildings griffés, la High Line est gracile comme un sentier. Reflet des rues dans les milliards de fenêtres pâles, galaxie des métros et des galeries souterraines, saletés et cafards, enfer et paradis au degré zéro de l’horizon comme si la vie même se résumait à l'échelle minuscule d'une île - oh, Manhattan ! 

    Photo Wolfgang Tillmans
  • One hundred emails - An homage to Marina Abramović

    12 mai 2010

    Tu veux dîner un soir de la semaine… ? Chère Marie-Eve, Tu es en effet sur la bonne voie, le phénomène est bien présent à New York également.  Y a-t-il toute petite chance pour qu'Anna arrive à Paris finalement ?  Quelle histoire, j’en suis toute retournée. Selon mes calculs (au nombre de mots, il y a 1421 mots, 0,15 cts le mot pour info), j'arrive à 215,13€. Non, j’irai pas au truc branchouille, j’ai un rendu vendredi matin. Tu peux allumer le radiateur électrique qui est devant le bureau (au pied de la fenêtre) en mettant le petit interrupteur sur jour (symbole soleil) et en montant le thermostat à 7. Je n’ai pas ta facture!!!!  Dear Lufthansa customer, Due to a strike we needed to cancel your flight LH408. T’as reçu le morceau de Vincent Gallo que je t’ai envoyé… ?  Non non je n’ai pas fait le sexe. Choupetta, Je me suis couché à 6h, le mini bounce s’est transformé en maxi bounce, du bon nimp. Je suis tellement fatigué que je ne vois plus clair et que je ne comprends plus rien à ce que j’écris. Hey poulette nounou pas dispo samedi soir, je vous propose de passer à la maison ?  Marie-Eve - j'ai rêvé de toi cette nuit ! Connais-tu la maladie dont souffrait Marguerite Duras et qui a mené à son opération de la gorge et qui lui laissait un trou dans la gorge et lui conférait cette voix robotique à la fin de sa vie… ? Tu écris pour Technikart toi ? Difficult for the vernissage, as I'm supposed to be at Sophie's at 6. Ce sevrage est très pénible, comme à chaque fois, de plus en plus. Allez, viens dîner avec moi ce soir, fais pas ta Carrie Bradshaw ! Un néologisme classique d’archi, tellement 1992. Le Baratin, c’est un chouïa reuch mais on y bouffe (et boit) divinement bien. J'ai putain de hâte bordel, excuse my French. Oui, exactement, je voulais en reparler avec toi cette semaine. Moi j'oscille en permanence entre my inner Terrence Malick and my inner Larry Clarck... Mon amour, je viens de voir comment utiliser mes miles sur American et c’est plutôt merdique, aucun vol direct, dates restreintes m’obligeant à prendre trop de jours de vacances, etc.  Sorry de quoi babe, il faut que tu arrêtes, je suis très heureuse que tout se passe bien pour toi. Tu n’es pas très réceptive à mon humour dédramatisant. Ma petite crevette, je suis ravie que nos interconnexions soient en osmose. Madame, suite à votre visite à la galerie à l'occasion de l'exposition de Melissa Steckbauer, je vous transmets la documentation concernant cette artiste et son exposition personnelle intitulée 'Half Camp' qui se tiendra jusqu'au 5 juin. Marie-Ève, tu es heureuse, c'est le plus important.  Bon, c'était horrible, il était navrant. La drogue c'est mal, les enfants ! Bonjour, Je vous contacte après de longues semaines silencieuses – que devenez-vous ? Ma mie, Cet échange proche du 3e type me remplit de gloussements qui me font approcher l'extase, ou l'apoplexie, selon l'angle d'analyse. Bonjour à toutes et à tous, la session initialement prévue pour le VENDREDI 14 MAI EST ANNULÉE. Où es-tu mon amour ? Bonjour Marie-Ève, tes dernières nouvelles n'étaient pas très bonnes. I am more jealous than you know. Ci-joint le brief que j’ai reçu, si vous avez des questions n’hésitez pas. Marie-Eve I was just looking at VICE and your name jumped out at me.  Marie-Eve, Je viens d’y penser, vous avez vu avec les Impôts pour le règlement de votre CA12 de 560€ à payer avant le 30/04/2010 ? Bonjour Marie-Eve, Désolée pour vous. Ma vie est un bordel sublime. Salut, l'émission prévue à 12h a été en fait diffusée plus tôt. J'ai réussi à faire en sorte d'harmoniser les rémunérations, donc même si tu n'es pas la traductrice officielle, c'est 30 euros le feuillet, tu dis oui ou non? Hello Marie-Eve, I wanted to reach out to you today because I have a copywriter opportunity in Strasbourg and thought you might be interested. Yo girl je me mets au lit hyper tôt tous les soirs, en pleurant. Ma mie, 28 ans tu sais c'est très jeune, et c'est exactement l'âge auquel on nous demande d'être des adultes alors qu'on ne nous en donne pas les moyens financiers. C'est vrai que c'était très beau, et vraiment photogénique. Je ne sais pas si ce mail te parviendra, en fait je ne sais pas si tu es à Paris en ce moment ou déjà en vadrouille... Hey baby no worries just keep the faith (like Ophélie would say) and just do it (Ophélie Winter + Nike = what a lovely team for cultural references). Salut poussin, comment s’annonce ton week-end ? Beauté, j'ai besoin de toi pour m'aider sur un projet. Marie-Eve, Désolée d'avoir tardé à te répondre. Putain mais quel connard arrogant pourri. UNE TUERIE, l’album de TRENTEMOLLER « THE LAST RESORT », UNE TUERIE !!! Hello à tous, On boucle le journal lundi. Coucou mon pogo à la moutarde, alors la fête de David, c'était bien? Ah c'est marrant je pensais justement écrire un texte sur ma chatte. Allumeuses. Mouais bof on s'en cogne un peu, waouf waouf. Merci Marie, je te laisse voir ça avec Jean et Sophie comme c'est le BEC qui gère ça. Je termine par écrit ce que j'ai commencé à te dire hier soir au téléphone. 19h c’est trop tôt ; je couche les fillettes et on se retrouve vers 20h ? This is an automatically generated Delivery Status Notification. Bonjour Marie-Eve, tu vas recevoir une invitation au vernissage d'une amie, Rebecca Bournigault. C’est pas du tout une vibe culpabilisatrice, juste une question que je me pose. On va les enculer. Oh oui ! Avec grand plaisir ! Hello girl, je suis rentrée mais pas chez moi car on loue l’appart pendant la fashion week. Fais-moi la liste des préceptes coupatiens auxquels tu devras t'astreindre quand t'as deux secondes stp. Ouais, y'a pas que Simone Weil, tsé. Été dîner chez mes cousins péruviens riches, essaye de pécho un stage à la BBC par un pote à eux. Un court parag avec angle plus intervenants plus live possible et on en reparle. Salut Marie-Eve, Non, plutôt semaine prochaine. Coucou, j’avoue je n’ai pas eu de signe de vie de Laurie Anderson. Que proposes-tu pour ta page d’avril et tu la vois quand Laurie Anderson ? Ça fait deux fois à un mois d'intervalle que Rita propose de se couper les cheveux "courts comme Marie Ève" ! Si tu y arrives, je rampe à tes pieds. Hello à tous, conf de rédaction à 18h ce soir. Entre le Macbook de base 13 pouces et le Macbook pro 13 pouces, moi je vois 150 dollars de différence sur l'Applestore. Madame, Nous avons bien reçu votre candidature et nous vous remercions. Take it easy, my love. Bonjour Marie-Eve, J'ai eu le temps de glaner des infos sur les marques avant de partir et il faudrait que tu puisses les regarder toutes sur internet avant de finir tes boards. Hola, To be frank my dear, ça fait bientôt trois ans que j'ai sévèrement levé le pied, et je me suis comme tu le sais remis à (vraiment) travailler la journée, ce qui laisse (beaucoup) moins de temps pour baguenauder dans la nuit électronique. J’ai la migraine. Salut ma p'tite fille chérie, moi aussi je déménage, j'ai vendu la maison d'Auvers, je vous raconte pas ce que je suis z'aux z'anges, chuis dans les cartons, 100 cartons de livres + 50 cartons de livres à vendre. Hello Marie-Eve, Peux-tu me faire un chapo en 3 lignes maxi ? Our Security Systems have detected a profanity in an email. C'est vachement bien mais du coup je trouve que le second paragraphe ("Lorsqu'il ne voyage pas...") tombe un peu comme un cheveu sur la soupe. Bonjour Marie-Eve, je me souviens de toi, bien sûr. Marie, Donne-nous des nouvelles de ton déménagement. Tu dors ? Marie-Ève, j'ai enfin eu des nouvelles de l'avocate. Tiens je viens de retrouver ce texte que j'avais écrit pour la perf au cercle pan sur l'amour courtois. Marie-Eve, pardon si je me suis emportée, je ne voulais pas être si violente dans mes propos. C'est quoi une Kinda? Oui je pensais à FUCK YOU au début et je me suis résignée. C'est classe (mais peut-être un peu trop à mon sens.) Thinking about it, when I overcome my shyness, we will conquer Paris so please don't move to NYC. Tu verras, même acheter des pâtes ici c’est tellement cool : il suffit d’aller chez Trader Joe’s faire nos courses avec tous les hipsters sans tunes de Williamsburg.
  • Les mots dans les choses

    01 mai 2010

    Parisien : subst. Ethnonyme. Arriver à intellectualiser, en toutes circonstances et à tout moment, avec une acuité déconcertante (et plus encore à une certaine heure de la nuit, après avoir consommé maintes substances) la culture pop. 

    Élégance
     : subst. fém. Être au fait des pires atrocités et bassesses du monde, mais aussi de sa beauté exquise et de son raffinement le plus sophistiqué, sans jamais s’émouvoir. Ant. : naïveté. 

    Naïveté : subst. fém. Caractère le plus méprisable et déplorable qui soit. Inspire la haine. L’incite souvent. 

    Petit déjeuner : adj. et subst. masc. Deux tartines beurrées avec un petit peu de confiture et un café au lait. Repas consommé environ 7500 fois depuis le début de mon existence avec, tous les jours, le même ravissement répété. Étrange.

    Prison : subst. fém. Accablant.  

    Alcool : subst. masc. v. fidélité. 

    Architecture : subst. fém. A lot of shit and two or three amazing buildings. 

    Parc : subst. masc. Périmètre de nature contrôlée, encastré dans le tissu urbain. Plus supportable que la campagne, à long terme.  

    Littérature : subst. fém. C’est le lieu. syn. : habitat, refuge, pays.

    Folie : subst. fém. Par épisodes. Pas désagréable. Un peu pénible pour l’entourage.  

    Fille : subst. fém. Dommage, mais intéressant. 

    Garçon : subst. masc. Intéressant, mais banal.  

    Amitié : subst. fém. 1°Couple qui ne supporte ni n’admet le baume de la sexualité pour se remettre de certaines disputes. 2°Terrain où se jouent et se dénouent de flamboyantes et effrayantes névroses. 3°Expérience personnelle très tardive. 

    Prier
     : verbe trans. Canaliser sa pensée sur un ensemble de phrases-clés qui cristallisent l’angoisse, puis l’apaisent. Réflexe relativement universel en cas d’extrême panique.  

    Mort : subst. masc. v. Bitch. 

    Amour : subst. masc. Se voit beaucoup au cinéma.  

    Nuit : subst. fém. Longtemps une alliée. Aujourd’hui moins. 

    Matin : subst. masc. Moment préféré. Grande volupté du vent, vers six heures. 

    Vieillir : verbe intrans. Assez libérateur, finalement.  

    Beauté : subst. fém. v. aléatoire.  

    Passion : subst. fém. Syn. : souffrance, passivité, masochisme, doucereux, agréable au toucher, dangereux, douloureux, moteur d’une vie, fixe, littéraire, physique, fruit de la.  

    Maison : subst. fém. : aucune idée.  

    Précarité : subst. fém. Ai beaucoup pratiqué. La pratique encore beaucoup. Angoisse et insomnies mais, et c’est difficile de l’avouer, engage une certaine créativité.  

    Cliché : subst. masc. Quelques définitions de ce dictionnaire. 

    Vérité : subst. masc. Vaste joke. Permet de vendre beaucoup de livres sur le développement personnel. 

    Ennui : subst. masc. Attente sans but. Grand luxe. 

    Simone de Beauvoir : nom propre. Concurrence déloyale.  

    Virilité : subst. fém. Les pauvres. 

    Féminité : subst. fém. Dilemme absolu. v. Chantal Thomas, Chemins de sable, Bayard, 2006. 

    Corps : subst. masc. Seul organe sensitif connu jusqu’ici. Mélange de délices et de douleurs, d’asservissement et de volupté dont la beauté périssable rend plus humble.  

    Enfance : subst. fém. Très long moment interminable et ennuyeux.  

    Adolescence : subst. fém. v. Enfance.  

    Avion : subst. masc. Absolument essentiel. Toujours vivre à moins de quarante minutes d’un aéroport international.  

    Françoise Sagan : nom propre. Grand écrivain complètement sous-évalué, notamment par les départements de littérature française. Par ext. : misogynie, snobisme. 

    France : nom propre. 1°Petit pays désargenté au bord de la guerre civile. Survit à travers le souvenir de sa grandeur pour supporter l’humiliation de son impuissance au niveau international (et national). Syn. : moisissure, racisme, conformisme, hypocrisie, chauvinisme, nationalisme à deux balles, naïveté. 2°Un des rares lieux sur terre où l’on trouve à la fois d’excellents pains et fromages ET de beaux esprits. Par ext., Français (un certain type de) : gentilé. Connaissance instinctive de la séduction, jeux de pouvoir et de conversation. Syn. : sexy.

    Punk : adj. et subst. masc et fém. 1°Le plus possible. 2°Courtney Love, Jesse Pearson, Stan Marsh de South Park, Pamela Anderson, Julien Coupat. Syn : génies, grands de ce monde.    

    Off shore : Anglicisme. Concept à étudier sérieusement. Peut-être prochain billet de blog.

    Thèse (dire que l’on fait une) : subst. fém. Pratique pour avancer masquée en soirées et pour obtenir des tarifs réduits quand on a moins de 27 ans. Grande ascèse et épanouissement certain lorsqu’elle est prise au sérieux. V. aussi : précarité. 

    Angoisse : subst. fém. État permanent et incurable, inhérent à l’existence même. Ant. : mort. 

    Suicide : subst. masc. Solution envisagée régulièrement, jamais très sérieusement. Par ext. : fin de mois, ragnagnas. 

    Télévision : subst. fém. Aucun intérêt. Quelques séries, parfois. 

    Internet : v. Passion. 

    Enfants : subst. masc. plur. Bruyants, monopolisants et aliénants, mais on continue encore à se poser la question après des millions d'années d’essais, d'erreurs et de valeureux conseils. Grand mystère de l’existence pour moi. 

    Contre-culture : subst. fém. v. Passion. 

    Minceur : subst. fém. Pouvoir. 

    Féministes : subst. fém. Détestent l’article précédent.  

    Coincés du cul : exp. idiom. Vulg. Trop de monde pour les citer tous ici. 

    Secret : subst. masc. Richesse et souffrance mêlées. Peut-être le socle de la personnalité. 

    Sport : subst. masc. Contrairement à la croyance : ne remplace pas le sexe mais donne le sentiment du devoir accompli et rend heureux pendant environ dix minutes, après.  

    Perfection : subst. fém. 1°Marlowe&Sons, 81 Broadway. Brooklyn, NY 11211. 2°Neil Young, «On The Beach», 1974. 3°You, sometimes.