L'envers de Facebook
22 février 2009
Tout est merveilleux sur facebook. Tout le monde il est gentil, beau, drôle et s'éclate en permanence. Le facebooker de base a beaucoup d'amis, il a toujours un truc à faire ou à dire, son « status » est une compète permanente sur le mur des lamentations. Je fais moi-même partie de ceux qui tentent de trouver le jeu de mot le plus obscur ou le plus cultivé, et les plus malins ripostent par un jeu de mots encore plus obscur et plus cultivé, ce qui nous donne l'illusion que nous faisons partie d'une communauté super élitiste.
Sur facebook, tout le monde il a fait des études, tout le monde il bosse dans des boîtes prestigieuses et tout le monde il a des références littéraires, cinématographiques et artistiques poussées à mort. Sur facebook, tout le monde il regarde Arte et passe des vacances de folie en Malaisie.
L'envers de Facebook, c'est cet enthousiasme gnagnan quand il s'agit de retrouver ses vieux potes d'il y a dix ans, pas de nouvelles depuis, de se dire ouououééééé, trop génial on va se retrouver, t'as fait quoi depuis ?
Il y a celles qui n'ont pas réussi ou pas encore, ceux qui sont tombés malades, celles qui n'ont pas eu de chance. Il y a ceux qui ont dû bosser pendant leurs études, il y a celles qui paient encore aujourd'hui, il y en a qui ont tout envoyé valser et ceux qui ont déménagé à l'autre bout du monde. Il a eu des séparations, des déchirures, des peines, de la solitude, des grandes périodes d'ennui, de dépression et de doutes. Il y a eu le chômage, la perte, l'angoisse, la fin des illusions, mais de tout cela, évidemment, on ne parlera jamais sur facebook.
