Quelques pages saumon

13 mars 2009

Souvenir du FT Week End désossé en mille morceaux dans la chambre minuscule de B. ; ses petits chapeaux, son amour du verbe. Il deviendra journaliste quelques années plus tard. J'ai conservé deux de ses lettres, si précieuses parmi les rares que je recevrai : « J'appuie sur des touches et écoute ce que le ruban a à dire, tandis qu'elle est là, lisante, fumante. Elle se délasse en contrepoint de mon travail. L'atmosphère se feutre pour ainsi dire du fait de sa présence ; veut-elle passer un pull contre le froid que je refuse ». J'en ris encore. Puis : "Une femme nue au travail, plaisir du temps des colonies qui évoque quelques lointains protectorats en dépit du peu d'exotisme de ma chambre de précepteur de province." Depuis B., je lis toujours, depuis, le fameux quotidien aux pages saumon.

 

De M., souvenir d'une liberté impossible, entrée dans les mots, « écris simplement », ah ce lieu inattaquable qu'est le premier amour, goût d'une vie secrète, désir de vivre loin.

 

D'O., les nuits d'été, vie de musicien et d'étude, puis l'hiver, La Recherche, incompréhension mutuelle. Rupture et silence qui dure depuis.

 

D'A., la passion maladroite, tâtonnements, puis, un livre.  "Si tu détruis, que ce soit avec des outils nuptiaux".