Quatre saisons au bois
05 avril 2009
De la chaleur écrasante de l'été nous étions passés à l'automne. « Un enchantement se produit chaque année dès les derniers jours du mois d'août qui s'accompagne d'un déplacement de tout mon être vers un espace où il s'intensifie, où il scintille et se consume comme sous les feux d'un projecteur. Cet espace auquel j'accède est l'espace de l'automne. Une résurrection », résumait si bien Éric Reinhardt dans son beau livre, Cendrillon. Puis en février, les oies se sont serrées les unes contre les autres au coeur du lac gelé, vision ton sur ton au milieu du bois. Les rares marcheurs emmenaient leurs chiens et la municipalité avait tiré des rubans rouges autour du lac. Longs mois froids pendant lesquels le corps se tasse, les muscles se serrent. Puis ce matin, miracle d'avril, vision tellement aimée, nouvelles taches de lumières au sol entre les feuilles nouvelles et ce parfum entêtant des pollens mêlés.
