Le jour où j'ai rencontré Sollers

04 juin 2009

Nous sommes en février 2006, je suis en pleine rupture sentimentale, pas très bien dans mes baskets, perdue dans mes recherches universitaires, fauchée et malade. Il fait presque nuit, il pleut. J'entre chez Gallimard et Sollers m'appelle du haut des escaliers par mon nom d'auteur : « Ness... Pour le monstre ? » Je ris, il a compris, je le suis dans les dédales, petite poignée de main à Marcelin Pleynet en passant puis entrée dans ce minuscule bureau tapissé de milliers de livres. Une fenêtre entrouverte donne sur la cour, dehors, brouillard sur le jardin. Il me fait face, j'écoute sa voix de violoncelle teintée de milliards de cigarettes, il me semble que j'entre dans le théâtre des soirs.


Le plus ironique dans cette histoire, c'est le fait d'avoir oublié d'appuyer sur le bouton «On» du dictaphone. J'ai retravaillé mes notes et ce que j'avais à peu près retenu ; on pourra lire dans quelques jours le compte-rendu de cet entretien (devenu par accident une critique de son livre Une Vie Divine), dans la rubrique « interviews. »