How to Disappear In America 2

22 mai 2013

Tu me dis d’écrire spontanément alors je vais le faire, je vais parler de manière semi-automatique un peu comme quand je vais chez la psychanalyste, je remarque que je n’écris plus d’ailleurs depuis que je vais là-bas, il y a un truc qui lutte avec la création, peut-être qu’on ne peut pas sublimer tous azimuts. Ou alors c’est autre chose, cet éternel sentiment de marcher à côté de soi. La nuit dernière j’ai rêvé que j’allais chez une créatrice de mode et que je tombais sur une robe hyper jolie, en fait ça fait des années que je n’achète plus vraiment de vêtements et encore moins de robes, les trucs féminins tout ça, et cette robe m’allait très bien et ça me faisait vraiment très plaisir qu’elle tombe si bien, je ne sais pas si c’était une robe dernier cri mais en tout cas les couleurs étaient parfaites, et en me réveillant j’ai réalisé tout le bonheur que je refoulais en refusant le plaisir de ces choses-là, les robes, les couleurs, les symboles de la féminité, parce que j’ai tellement peur de la pression de la séduction, et aussi parce que c’est difficile d’avouer qu’on aime secrètement ces choses-là, qu’on pourrait aussi susciter du plaisir dans le regard des autres. Dans The Artist Is Present, Abramovic disait que les robes de Riccardo Tisci lui avaient procuré un « plaisir coupable ».