Like A Prayer

28 décembre 2013

Le 25 décembre 2011, à la gare de Taiyuan, au nord de la Chine, un voyageur meurt dans l’anonymat le plus total. Cloué à son banc depuis un temps indéfini, il est seul. Stupeur d’un des usagers qui fait la funèbre découverte, croyant que l’homme s’était endormi. Un moine s’approche alors du défunt, prend sa main et prie. Devant la foule interdite, des photographes immortalisent la scène. Ici les médecins auraient été inutiles ; c’est la dignité d’une vie qu’il s’agissait de sauver.  

Il y a ce sourire intérieur que l’on ne peut pas arracher aux croyants. Il y a ces moments de désarroi si intenses que seule la pensée de dieu, d’un dieu, d’une idée d’une force plus grande, plus organisée, plus enveloppante, pourrait parvenir à apporter un peu de consolation. C’est un sujet subversif, d’une intimité extrême ; on n’a pas le droit d’en parler. Il y a ce secret que quelques personnes connaissent, cette présence qui rassure, cette gestuelle apaisée. Il y a cette sensation d'entrer en clandestinité, dans une chaleur si irradiante qu’elle illumine le visage ; on vous voit, on vous donne. On parle de l’amour des fidèles pour un ou des dieux, cet amour que je ne connais pas, ou plus ; mais j’ai vu la plénitude dans les yeux de ceux qui croient, et je les envie.