C'est beau

09 janvier 2010

Le troisième disque de The Antlers, "Hospice". Il se passe vraiment un truc à Brooklyn pour que cette ville produise autant de bons groupes. Je pense à Grizzly Bear et à leur incroyable, architectural et difficile "Veckatimest" mais aussi à The Pains of Being Pure at Heart, Chairlift, Boy Crisis, Vivian Girl et j'en oublie. Mais il se passe quoi à Williamsburg, bon sang ? Est-ce que le fait d'être dans cette petite proximité frustrante avec Manhattan oblige à redoubler d'inventivité pour exister ? Est-ce que l'inspiration, l'énergie, les rencontres se font plus aisément là où il y a de l'air, des terrains vagues, des espaces à l'abandon ? Est-ce dû à cette liberté trash derrière chaque porte de petit bar où grouille une faune qui sait boire et s'habiller, comme un Berlin en plus friqué ? Ou parce que Williamsburg reste un repaire relativement abordable d'outsiders où se côtoient le crade et le sublime ? Williamsburg depuis dix ans, East Village il y a vingt-cinq ans, Soho avant, Berlin maintenant. Des friches, des suspensions, des entre-deux morbides et fertiles et cette masse critique qui fait de ce périmètre minuscule le centre névralgique de la planète hype, presque contre son gré.