Fleuves

31 janvier 2010

Pourquoi Paris, j’ai essayé souvent et beaucoup tu sais, grande histoire depuis dix ans, voyages clandestins, amours et jardins, froid coupant de l’hiver, appartements nombreux, rencontres par milliers, brassage, je ne sais pas, la question est difficile et complexe, une fuite tu crois ? Non ce n’est pas ça, c’est seulement un chemin difficile et obscur, une autre parade sauvage. Les jours passent comme une épreuve répétée, tu es un poème difficile, j’aime ton parfum et ton vin, cette élégance que tu revêts, ta pudeur jalouse, ce beau fleuve qui te scinde. Moi aussi je viens d’un pays de fleuves, tu as déjà vu là où les eaux se rétrécissent ? Et puis l’autre jour à la préfecture, naturalisation refusée, dommage. Tu es si cruelle et merveilleuse. Pourtant je te connais bien, je sais qui passe ici depuis quelques siècles, j’ai lu, dans tes chambres et tes quartiers, ceux qui t’ont habitée, parfois j'ai aussi l'étrange impression de t’habiter d’assez loin, comme d’une vie antérieure à ma vie.