Vous reprendrez bien un peu de testostérone ?

24 octobre 2008

Preciado : le mythe, l'idole. Chercheuse à Princetown, prof à Paris VIII, rebelle parmi les rebelles, sa thèse de doctorat portait sur le design, la commercialisation et la consommation des... godemichés. Elle vient de faire paraître chez Grasset le récit de son protocole d'intoxication volontaire à base de testostérone synthétique ; c'est "un essai corporel. Une fiction, c'est certain. Dans tous les cas, s'il était nécessaire de pousser les choses à l'extrême, une fiction auto-politique ou une auto-théorie", écrit-elle sur son site : http://www.beatrizpreciado.com/ 
Un avant-goût de sa Testo Junkie ? "La féminité se dévalue deux fois plus vite que la masculinité. Autrement dit, une femme (bio ou techno) de quarante-cinq ans sort du marché hétérosexuel alors qu'un homme peut atteindre soixante-cinq ans avant de devenir obsolète. Pour calculer l'âge réel d'une femme dans l'économie hétérocapitaliste, il faut lui ajouter quinze ans, afin de la rapprocher de son équivalent masculin, puis lui soustraire deux années pour chaque supplément de beauté ( taille des seins, minceur, longueur et épaisseur des cheveux, etc.) et en ajouter deux pour chaque handicap social (divorce, nombre d'enfants : chacun compte deux ans de plus, chômage, etc.)." Fort.