Kaki Queen

29 octobre 2008

Kaki King. Au début, j'y suis allée prudemment. Je savais que la petite pouvait me plaire. J'ai commencé par écouter des extraits de sa musique par fractions de 30 secondes sur Itunes. Puis par acheter Dreaming of Revenge. Et Until We Felt Red. Et enfin Everybody Loves You... Et arriva ce qui devait arriver. J'ai vécu, précédemment, d'autres grands frissons musicaux qui s'apparentaient au coup de foudre ; pour Regina Spektor, par exemple, et sa très étrange, troubante chanson Pavlov's Daughter (chanson si post-moderne qu'elle mériterait d'être archivée dans la collection permanente du MOMA). Kaki, c'était différent, une drogue plus vicieuse, plus curieuse. Toujours est-il qu'après quelques semaines d'Everybody Loves You, j'étais accro.


Toute en guitare, Kaki est l'incarnation d'une déesse mythologique : elle vit à New York (franchement, ça fait toujours quelques points supplémentaires au sondage de la hype) ; le plus souvent féminine - visage de lait, douceur des paupières mi-closes, abandon et lascivité, filet de voix à la limite de l'ultrason  - Kaki peut aussi être d'une virilité désarmante avec ses sourcils kahlosiens. Je la soupçonne d'un machisme révoltant et terriblement excitant. Sur son album Until We Felt Red, les crooneuses paroles « I Never Said I Love You » se chantent ainsi : You're so beautiful, so strange, so lovely/That's the truth/But if you were the one, baby, you'd've heard it by now/But I never said I love you. C'est clair ?

En plus, la musique, elle connaît (ça tombe bien puisque c'est son métier). Virtuose de la gratte, elle sait instinctivement varier les tempos et poser sa voix sur la musique non pas pour l'écraser, mais l'accompagner comme un instrument gracieux. Comble de la perfection, Kaki est au-dessus des lois du marché puisqu'elle n'hésite pas à faire d'improbables chansons de plus de 8 minutes avec les seules paroles « You don't have to be afraid of the pain inside you », qui est d'ailleurs aussi le titre de cette chanson merveilleuse.  

Kaki, si un jour tu lis ceci, écris-moi.