« Achevé d'imprimer dans les tout premiers jours de janvier 2008 », comme l'indique poétiquement la notice en fin de volume de cet éditeur de Cognac, Martine Sonnet, historienne au CNRS, vient de publier aux Éditions du Temps qu'il fait Atelier 62. À la fois compte-rendu historique du quotidien des ouvriers forgerons chez Renault de 1951 à 1976 et carnet intime de souvenirs d'enfance, dont le père forgeron, Amand Sonnet, est le protagoniste principal, Atelier 62 se partage en 48 parties qui s'entrecroisent : 24 chapitres en chiffres arabes correspondant à ceux de l'écrivain, et 24 en chiffres romains consacrés aux travaux de la scientifique pour un total de 236 pages sur la vie et la mort des forges Renault, sur la vie et la mort d'un père.
Lecture critique
Quels sont les instruments de l'historien ? Avec quels outils travaille-t-il ? Quels sont ses marteaux, ses rabots et ses varlopes ? Le papier, le stylo, les livres, l'appareil photo et l'ordinateur. Son usine ? La bibliothèque et son bureau, 29 rue d'Ulm. L'historienne se fait ouvrière avec les outils de son métier. Lorsqu'elle conclut son livre par cette phrase averbiale, « Écrire avec. », on sent bien sa volonté de vouloir faire corps avec un univers qui lui est devenu, par la force des choses (distance, vie parisienne, études à la Sorbonne...) exotique. Dans les toutes dernières pages, le récit émouvant de cette balade sur les ruines de l'usine, où elle prendra des photos inutiles puisqu'elles seront toutes ratées, « voilées de rouge » (p.229), lui donne l'impression qu'il ne reste plus rien de concret de cette époque-là, sauf le souvenir des odeurs, des images et des sons, tout ce qui s'imprègne dans la mémoire et le corps. Et c'est sans doute pour cela qu'elle a choisit d'écrire un livre où l'étude scientifique n'aurait pas suffi ; comme si, pour vouloir faire vivre le passé, pour en parler, mieux valait prendre le parti à la fois romanesque et poétique du souvenir. Martine Sonnet participe ainsi à cette catégorie d'historiennes où l'étude de la domesticité est élevée au rang le plus noble.
Ses photos sont ratées, certes, mais s'il ne reste plus rien que le souvenir, que faire de ces images emmagasinées dans l'esprit ? « Parce qu'il n'y a plus rien à voir à Billancourt. Mais au creux de mes mains, captée, l'énergie de tous ceux qui avaient un jour poussé le portail noir. » (p.229) Oui, Martine Sonnet aurait pu se contenter de compiler dates et faits, découpures de journaux, témoignages d'anciens ouvriers, de leurs femmes et de leurs enfants. Mais elle y ajoute ce petit « plus » : elle met en scène les sens. Car si l'Histoire est effaçable, les mains, elles, brûlent encore.
D'où vient cette fascination des intellectuels et des artistes pour le monde ouvrier ? Sonnet ne peut s'empêcher d'évoquer universitaires, historiens, ethnologues, politiques, musiciens comme Frize, Ferrat et Ferré, ou photographes comme Ronis pour qui les forges étaient un lieu d'étude ou d'inspiration. À ce sujet nous pourrions émettre une humble hypothèse : les ouvriers, aux mains couvertes de cals, restent ouvriers même lorsqu'ils gagnent leurs foyers. Comme pour les artistes et les intellectuels, difficile de quitter un métier dont les enjeux vous réveillent la nuit... La condition ouvrière s'imprime sur le corps comme le travail intellectuel est indissociable des pensées qui occupent l'esprit.
Critique marxiste à peine voilée (l'ouvrier toujours victime), on sent bien que l'historienne tient à se mettre, du haut du prestige de sa profession, au service et à la défense des ouvriers ; se plaçant de leur côté, les patrons sont toujours des « capitalistes » qui veulent davantage d'argent, ignorant les demandes de leurs employés.
Mais, s'ouvrant et se fermant sur le père, Atelier 62 peut aussi se lire comme un livre hommage à Amand Sonnet, mort avant d'avoir pu lire les livres de sa fille.
Compte-rendu
1. Marcheur (p.9-12)
Le père est un « marcheur » qui porte, et c'est un des derniers à le faire selon l'auteure, des « sans-gênes ». Martine Sonnet s'en souvient, mais elle le confirmera en observant une photo de son père dans son uniforme d'ouvrier de Billancourt. Clin d'œil sur les réclames placardées au mur d'un bistro-épicerie, « Volvic, Viandox, Pastis 51. » (p.12)
I. Forges et traitement (p.13-15)
L'atelier 62 de « forges et traitements » est situé entre 61 « fonderie de fonte » et 63 « fonderie métaux blanc ». En 1918, les forges de l'atelier 62 avaient servi à l'emboutissage d'obus « du type français ou du type russe, ou des obus à balles » (p.14). Réclame pour « Primior », « notre » ou « votre » vin quotidien. (p.15)
2. Exode rural (p.17-21)
Les restes d'un stock de papier à en-tête du père. Chronique du quotidien sur fond d'enquête historique. A quarante ans, ne pouvant trouver un logement sur son lieu de travail, le père quitte femme et enfants pour Paris. Correspondance. « Dans les enveloppes le temps qu'il fait, ce qui vient au jardin, les pois qui ont fini par germer »... (p.19) Cinq ans de « retrouvailles, des lettres hebdomadaires et des jours décomptés du lundi. » (p.20)
II. Embauche (p. 23-25)
Le père, Amand Sonnet donc, est employé à titre de « forgeron main formeur en profiles », dont la faute d'orthographe à « profiles » (« profilés ? » « profils ? ») fait tiquer l'historienne.
3. Bâtiment D 12 (p.27-30)
Après ces cinq années de séparation, on accorde finalement un logement à la famille Sonnet : « Bâtiment D 12, cité de la Plaine, Clamart. » Grande tendresse dans la description des lieux : « Entrée propice aux jeux avec ses murs qui renvoient bien les balles de mousse et ses marches à sauter. » (p.29)
III. Métiers (p.31-33)
Liste non exhaustive des métiers exercés aux forges de l'atelier 62 : « Ajusteurs en matrices, calibreurs, caristes, chauffeurs de fours, cisailleurs », etc (p. 31), tant de métiers sous l'appellation « forgerons ». Catégories d'ouvrier : manœuvres, ouvriers spécialisés, OS 1 et OS 2, et ouvriers professionnels, OP1, OP2 et OP3. L'historienne Laure Pitti expliquait que les forges étaient « un atelier des plus durs et en même temps des plus huppés en matière de qualification. » (p.33)
4. Portrait (p. 35-37)
Nostalgie : « Vingt ans après sa mort, toujours ses drôles de couteaux dans nos tiroirs de cuisine, inusables, inoxydables, éternels. (...) Et dans sa boutique abandonnée, à côté de l'enclume, dorment la dégauchisseuse, les scies - à ruban, circulaire, sauteuse -, les rabots, les varlopes (...). Des mots perdus avec lui. » (p.37)
IV. Aptitude à l'emploi (p.39-42)
« Ce qui est sûr, c'est que les forgerons embauchés en bonne santé ne le restaient pas longtemps, et pourtant on choisissait les plus costauds parmi ceux qui se présentaient. » (p.40) Luttes syndicales vaines pour obtenir la retraite à 55 ans plutôt qu'à 65. « Ils finissaient leur carrière déclassés dans des travaux moins pénibles mais moins bien payés et comme leur retraite était calculée sur les dix dernières années d'activité, ils y perdaient. » (p.41)
5. Maison de route (p.43-46)
Retour sur la maison natale de l'auteure, qui « va doucement vers sa ruine. » (p.45)
V. Tombeau des forgerons (p.47-51)
Liste des forgerons morts en activité ou peu après avoir pris leurs retraites, la plupart jeunes, entre 52 et 62 ans. Demandes toujours inabouties pour obtenir des conditions de travail plus décentes, des protections supplémentaires ; mais la direction explique que ces morts prématurées sont dues certainement aux mauvaises « habitudes alimentaires ». (p.49)
6. Argent (p.53-55)
« La paye tombe (...) le 7 et le 22 du mois » (p.53). Désintérêt du père pour le prix des choses ; l'économie familiale est gérée par la mère.
VI. Mot d'ordre (p. 57-59)
Le député communiste Etienne Fajon demande la retraite à 55 ans pour les ouvriers. Témoignages, dans L'Écho des Métallos Renault : « Qui racontaient les yeux brûlés, les bronches plus du tout élastiques, les ulcères et les brûlures d'estomac avec tout ce qu'ils étaient obligés de boire, les syncopes l'été devant les fours », (p.57), etc.
7. Ménages (p. 61-63)
Décoration et ménage du nouveau quatre-pièces dans lequel la famille de cinq personnes vient d'emménager.
VII. Feuilles de paye (p.65-67)
Demande d'augmentation de salaires (pour la prime de chaleur aux forges) qui n'aboutit pas.
8. Couturière (p.69-72)
La mère aussi est ouvrière à sa façon : couturière, elle maîtrise l'art de fabriquer des pièces de ses mains. « Repriser, marquer, rallonger, lâcher les coutures, reprendre les pinces, retourner les cols et les poignets, faire du neuf avec du vieux, souvent. » (p.69)
VIII. Vêtements de travail (p.73-75)
Reproduction des réclames pour les vêtements des ouvriers. « Des magasins installés pas loin de la Régie et qui consentaient des ristournes à son personnel passaient des réclames dans L'Écho des Métallos Renault. » (p.74)
9. Dimanche (p.77-80)
« Déambulations paternelles dominicales » à Paris (p.77), puces de Saint-Ouen avec sa fille (Martine), chacun dans leur coin : lui dans sa ferraille, elle dans les vieux journaux et les cartons à dessins (p.78).
IX. Brodequins (p.81-83)
Demande des ouvriers pour obtenir des brodequins ; réponse de la direction : « Le service de Salubrité et de Sécurité du Travail préconise pour les ouvriers des forges, l'utilisation de galoches en bois. » (p.81)
10. Cité (p.85-87)
La cité ouvrière où a habité Martine Sonnet, avec ses jardins et son cimetière, et sa brique rose.
X. Cartographie (p.89-91)
Statistiques sur la répartition géographique du personnel de la régie Renault. « De Clamart, ils sont plus de 500 (...). Plus de 500 aussi à venir de Meudon, Chaville et Versailles ; à Issy-les-Moulineaux et Sèvres (...) ». (p.89-90)
II. Parisiens des taillis (p.93-97)
Érudition et sagesse très particulières des parents : le père s'achetant le Traité d'arboriculture fruitière et la mère s'intéressant à la recette des rillettes maison, discutant avec le commis charcutier : « Presque une discussion entre professionnels ». Puis, nostalgie ; avec le temps, les « habitudes se perdent ». « Le commis charcutier sympathique n'est plus sur le marché, rillettes toutes faites sur la table. » (p.96)
XI. Phases A, B, C (p. 99-101)
Des machines flexibles à l'automatisme des tâches, il y a les phases A, B, et C. Les manipulations s'automatisent : « Bras puissants, épaules solides, dos carré, qui devenaient inutiles. » (p.101)
12. Usine à la campagne (p.103-107)
« Le rêve du père : une usine qui s'installerait dans sa campagne et lui qui lâcherait la Régie, ferait le voyage dans l'autre sens pour s'y embaucher, retrouverait la vie d'avant sans le tracas d'être à son compte. » (p.103)
XII. Degrés Celsius (p.109- 112)
Demande renouvelée des ouvriers pour la prime de chaleur, refusée encore une fois. Courants d'air froid dans le dos et chaleur des fours devant : pleurites. « Aérothermes » qui tombaient en panne sans arrêt. Interdiction de bricoler ses propres ventilateurs. Toitures laissant passer la pluie. Et des rats qui courent dans les recoins. (p.112)
13. Distribution des prix (p.113-116)
Cours de danse de la petite Martine Sonnet. Données personnelles sur les réussites et les échecs professionnels de ses sœurs.
XIII. Organigramme (p.117-118)
Organigramme des différentes sections de l'usine pour aller de « Direction générale » à « 62 Forges », en 1952.
14. Leçon d'écriture (p.119-121)
De l'apprentissage de la lecture, en autodidacte, ce qui agacera sa maîtresse d'école, à la machine à écrire Jappy, jusqu'à la soutenance de thèse de à la Sorbonne en 1983, auquel son père n'assistera pas, croyant à tort qu'il n'y a pas d'ascenseurs pour se rendre dans la pièce où a lieu la soutenance.
XIV. Vestiaires (p.123-125)
Étonnante information, pigée dans L'Écho des Métallos Renault du 3 mai 1963 : « Depuis quelques temps les gardiens ont pris la mauvaise habitude de venir mettre le nez dans les vestiaires des forgerons, et même, chose absolument anormale, dans les douches. Les travailleurs n'admettent pas de se dévêtir devant les gardiens. Des incidents ont déjà eu lieu.» (p.124)
15. Excursions (p.127-130)
Excursions le dimanche, sauf elle, « pas de taille, à ce qu'il paraît, à visiter des châteaux comme Chantilly, Fontainebleau » (p.127) Spectacles populaires aussi, de Holiday on Ice aux Chœurs de l'Armée Rouge : « Le disque des Chœurs de l'Armée rouge qu'ils achètent à la sortie reconnaissable dans le film Tout le monde n'a pas eu la chance d'avoir des parents communistes, de Jean-Jacques Zilbermann, 1993.» (p.130)
XV. Douche et savon (p.131-133)
Demande des forgerons pour avoir du savon plutôt que du désinfectant, le « crésyl » : décision de la direction mise en suspens. Conditions extrêmement rudimentaires de confort, comme un air de Zola : « Et quand au plus fort des pics de chaleur, en été, ils éprouvaient le besoin légitime de se rafraîchir, de se passer un peu d'eau sur la tête et sur les bras, c'était seulement en vitesse dans les bacs à eau servant à refroidir les pinces qu'ils pouvaient le faire. » (p.133)
16. Vacance (p.135-139)
Ennui, propre à l'enfance, des vacances. « La désespérance d'entendre une voiture ralentir, comme pour s'arrêter chez nous, puis redémarrer et s'enfiler dans la chalière (sic) qui mène à la ferme en face. Déceptions sans nombre : en face, va et vient incessant, famille si nombreuse. » (p.137) Puis, des années plus tard : « Mais ce jour de septembre 2006, je ne m'y ennuie pas, seule pourtant, c'est là que j'écris l'ennui des étés solitaires à la campagne. » (p.139)
XVI. Cadences (p.141-145)
Musique de l'usine : « Cadences. Cadences. Cadences. (...) Nombre de pièces, divisé par nombre de travailleurs. Avant. Après. On comparait. Entre les deux, on avait chargé les machines. » (p.141) Calculs erronés et accusations, comparaisons cruelles : « On venait de leur dire qu'ils étaient des paresseux à côté des collègues de Peugeot et maintenant on leur annonçait qu'ils en avaient trop produits, des pièces ! » (p.145)
17. Paris-Granville (p.147-151)
Confrontation des classes sociales dans le train Paris-Granville, pour les vacances : « Leurs valises en bien meilleur état que les nôtres, sans tendeurs autour et à l'intérieur que de la première qualité, du sur-mesure commandé par la mère à Nancy chez les faiseurs les plus réputés. » (p.150)
XVII. Accidents (p.153-157)
Sordide énumération des accidents provoqués par les machines ou les manipulations des ouvriers, dont la direction se disculpait systématiquement : « Le gars aurait trop bu, ou négligé un équipement de sécurité, ou conduit n'importe comment quand c'était un cariste - l'un n'empêchant pas l'autre. » (p.156)
18. Conduite (p.159-161)
Contradiction du père : construisant des pièces de voitures, et pourtant il « n'a jamais décroché son permis. (...) Désintérêt paternel total pour les voitures. » (p.160)
XVIII. Décibels (p.163-166)
Le compositeur Nicolas Frize, capturant les bruits de l'usine et les travaillant. « Les ouvriers étaient contents que le compositeur travaille avec le bruit des machines, qu'il en enregistre certaines la nuit, isolées dans le silence, quand les autres étaient arrêtées, pour découvrir leur vrai son. Les ouvriers lui demandaient comme ça à entendre leurs propres machines, mais aussi celles des copains. » (p.165)
19. Noces (p.167-170)
Considérations sur les robes, les pochettes, la famille, la nourriture lors des noces de la parenté.
XIX. Débrayages (p.171-174)
Grèves, suivies d'un gala de variétés et d'un bal, organisés par la CGT. Nous sommes en 1962, et c'est Jean Ferrat qui y chantera (p.174).
20. Bibliothèque (p.175-178)
Une bibliothèque municipale est construite pour les enfants dans la cité, elle s'appelle « La Joie par les Livres ». « Nous sommes quelques enfants-cadres, ou piliers comme disent les bibliothécaires, à vivre la Bibliothèque un peu plus intensément, à être aspirés par elle. Il faudrait presque nous retenir parfois. » (p.177)
XX. Saint-Eloi (p.179-183)
Banquet et beuveries pour la Saint-Eloi : cérémonies et débordements. Amusante, cette analyse snob de l'ethnologue Noëlle Gérôme, qui décrit « avec ses mots à elle, qui n'étaient pas ceux des forgerons » dans un article paru dans Ethnologie française (p.183).
21. Voir la mer (p.185-189)
Vacances qui s'avèrent finalement fatigantes : supporter les autres, et le vent à la plage.
XXI. Pièces forgées (p.191-194)
Stupéfaction d'un des forgerons de l'atelier 62, visitant des forges à Moscou, réalise que leurs collègues en URSS travaillent six heures par jour, avec une retraite à 55 ans, et dans des conditions de confort beaucoup plus décentes que les conditions françaises (p.193).
22. Commerce de détail (p.195-199)
Pensées pour les commerçants de détail, des bouchers aux boulangères en passant par les pharmaciens, ou le marchand de journaux-tabac (p.198).
XXII. Photogénie des forgerons (p.201-204)
Conversation de l'auteure avec Willy Ronis, qui avait photographié des forges et des forgerons (p.201-204).
23. Moissons (p.205-213)
Énumération des mets, nourriture savoureuse de campagne, lors des grandes tablées l'été, comme une carte postale d'autrefois : « L'enfilade des terrines, pâtés, rillettes, rôtis et volailles froids, fromages - livarot, pont-lévêque -, beurre de baratte maison, pots de confitures, bocaux de cornichons, disposés au milieu de la longue table couverte de toile cirée à carreaux, couleurs passées, film écaillés.» (p.205)
XXIII. Fin des forges (p.209-213)
Décentralisation des forges, fermeture de l'atelier 62.
24. 22 août 1986 (p.215-223)
Décès du père, Amand Sonnet, « décédé dans sa 76e année ». Obsèques et deuil.
XXIV. Décombres et ruine finale (p.225-229)
L'auteure retourne sur les lieux de l'atelier 62 : tristesse devant l'aspect fugitif de l'Histoire. « Maintenant portails verrouillés, personne, et rien derrière. Pensé aux sons recueillis par Nicolas Frize. Longé du mur encore, toujours personne sur les trottoirs, avec large brèche par laquelle on voit au loin des bâtiments encore à abattre et du chantier actif, du béton coulé, jusqu'à la place Jules-Guesde, autrefois Nationale. » (p.228)
